Lors du 91ème Congrès de l'Association des maires de France (AMF), qui s'est achevé jeudi dernier, et qui se tenait à l'occasion du Salon des maires et des collectivités locales à la Porte de Versailles (Paris), le sujet est revenu sur le devant de la scène : "Et toi, tu en as ?" La question portant bien évidemment sur ces emprunts contractés par des collectivités territoriales ces dernières années et devenus suffisamment "toxiques" aujourd'hui pour leur pourrir la vie.
Une intoxication à grande échelle. Car si officiellement seule une cinquantaine de collectivités locales ont été contaminées par cette nouvelle maladie financière, dans l'entourage de la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, on ne répertorie ainsi qu'une communauté urbaine (Lille), dix communautés de communes, trois départements et une trentaine de villes, mais "le véritable chiffre est nettement plus élevé", estime Michel Klopfer.
Ce spécialiste des finances locales, qui fut l'un des premiers à dénoncer cette "bombe à retardement" il y a dix-huit mois, dénonce le "démarchage agressif" de certains banques. Qu'il s'agisse de Dexia (la première banque des collectivités locales), des Caisses d'épargne, du Crédit agricole, ou de banques d'investissement comme Natixis ou Calyon, tous font en tout cas preuve aujourd'hui d'une remarquable discrétion sur la question.
Pourquoi une telle omerta ? D'abord même s'il ne le reconnaîtront jamais, en signant avec tel ou tel établissement financier, de nombreux élus on bel et bien spéculé avec l'argent des contribuables. La seconde découle de la première : même s'il est trop tôt pour connaître l'étendue des dégâts, ceux qui ont joué et perdu devront sans doute relever leurs impôts locaux dès 2009, d'autant que les droits de mutation, eux, sont en chute libre suite à la crise immobilière et c'est autant d'argent en moins pour les finances locales.
"Est-ce aux citoyens de payer pour les errements de certains élus ?" interroge Jean-Christophe Boyer, le Monsieur finances de la ville de Laval (Mayenne).
Pour ceux que le sujet intéresse, voir également :
"Dexia déficitaire... les communes n'ont rien à craindre !", article du 15 novembre, en page 3.
"Crédits toxiques, les HLM aussi !", article du 23 octobre, en page 6.
"Saint-Etienne menace d'augmenter ses impôts de 75%", article du 22 octobre, en page 6.
"La Seine-Saint-Denis surexposée à la crise !", article du 21 octobre, en page 6.
De plus, en parcourant les dernières pages du blog, vous trouverez d'autres articles consacrés à Dexia, La Caisse d'épargne, Natixis et plus généralement à la crise financière que nous subissons...