Après Jérome Kerviel, l'ingénieux trader dont les acrobaties boursières ont fait perdre près de 5 milliards à la Société Générale, après le gentil "Bernie" Madoff, le financier newyorkais dont la
fraude a fait s'envoler en fumée 50 milliards de dollars...
C'est au tour de l'Inde de connaître son scandale. Ramalinga Raju, le PDG de Satyam Computer Services, vient d'avouer qu'il avait manipulé les comptes de sa société
pendant plusieurs années afin de présenter des profits et des actifs artificiels. Les fausses écritures ont permis de décupler les profits et les actifs en question. La fraude
porte sur un milliard de dollars et les observateurs la comparent déjà à l'affaire Enron. Raju a démissionné mercredi 7 janvier. L'action a décroché de 78% à la bourse de Bombay et de
90% à Wall Street.
Satyam est l'un des plus gros groupes indiens de services informatiques délocalisés. A ce titre, il gère et traite des données hautement confidentielles, voire des systèmes
informatiques entiers pour de très grosses multinationales comme Unilever, Nestlé, Cisco, Nissan, General Electric, Sony et même, depuis peu, la Banque Mondiale.
En décembre, quelques semaines avant son aveu, Raju avait tenté de renflouer le trou creusé par son long mensonge en suggérant à son conseil d'administration d'acquérir deux entreprises
indiennes, Maytas Properties et Matyas Infrastructure. Quatre membres du Conseil avaient alors décidé de démissionner et la fusion avait échoué. Il n'avait plus qu'à avouer.
Un milliard, un milliard... allez, peut mieux faire... au suivant !