Exxon Mobil Corporation, la première compagnie pétrolière mondiale, a financé en 2008 des recherches remettant en cause le réchauffement climatique.
Dans son édition du 1er juillet, le quotidien britannique The Guardian rappelle que les compte d'Exxon Mobil montrent qu'en 2008, la compagnie a participé à hauteur de 75 000 dollars aux
recherches du NCPA (National Center for Policy Analys de Dallas au Texas), de 50 000 dollars à celles de l'Heritage Foundation et de 245 000 dollars à celles de l'Américan Enterprise Institue for
Public Policy Research, toute deux situées à Washington. Ces différents lobbies sont connus pour leurs positions très septiques vis-à-vis du réchauffement climatique.
Cité par The Guardian, Bob Ward, directeur de la communication de l'Institut de recherche sur les changements climatiques et l'environnement de la London School of Economics,
considère que le NCPA comme l'Heritage Foundation ont publié des informations "inexactes et trompeuses sur les changements climatiques". Le NCPA déclare
notamment sur son site internet que "si les causes et les conséquences de la tendance au réchauffement climatique sont encore inconnues, le coût des actions visant à réduire sensiblement les
émissions de CO2 serait très élevé et entraînerait le déclin économique, l'accélération de la destruction de l'environnement, et n'aurait que peu d'effet sur le réchauffement global, quelle que
soit sa cause".
De son côté, l'Heritage Fondation publiait, à l'occasion de la conférence sur le réchauffement climatique de décembre 2008 réunissant 190 pays à Poznan (Pologne), un mémorandum dans
lequel elle remettait en cause le principe même du protocole de Kyoto. "Un nombre croissant de preuves scientifiques mettent en doute la menace du réchauffement climatique, notamment le
fait que l'année 2008 est plus froide que l'année 2007", écrivait alors Ben Lieberman, analyste principal de politiques de l'énergie et l'environnement pour l'Heritage Foundation.
The Guardian rappelle pourtant qu'Exxon avait admis, dès mai 2008, que son soutien à des groupes de pression qui remettent en question les changements climatiques entravait les
actions visant à lutter contre le réchauffement. La compagnie affirmait alors son intention de couper les fonds de plusieurs de ces lobbies pour ne plus détourner l'attention sur les
nécessaires recherches en matière d'énergie propre.
Malgré tout, selon l'agence AP, Exxon Mobil, comme les autres compagnies pétrolières, a encore augmenté de manière importante ses dépenses en matière de lobbying au cours du premier
trimestre 2009. L'Agence de presse chiffre à 44,5 millions de dollars les sommes déjà investies à Washington pour les différents lobbies pétroliers en seulement trois mois, contre 129
millions de dollars sur l'ensemble de l'année 2008.
Avec 9,3 millions de dollars investis, Exxon Mobil a déjà multiplié par trois ses dépenses par rapport à 2008. Selon AP, les compagnies pétrolières et les raffineurs
cherchent notamment à limiter le coût de l'impact de la politique de Barack Obama sur le réchauffement climatique.