histoire

Mercredi 23 septembre 2009


En choisissant de publier une adaptation en bande dessinée de l'ouvrage du dirigeant nazi, sans l'aval du land de Bavière qui détient les droits sur l'ouvrage, l'éditeur East Press a pris un risque calculé. A ce jour, 45 000 exemplaires ont été écoulés.

Il l'a fait paraître dans sa collection Manga de Dohuka, une série qui compte déjà Le capital de Karl Marx ou encore Le Prince de Machiavel.

Pour East Press, ce Mein Kampf version manga doit permettre "d'étudier la personnalité d'Hitler" et de "comprendre les pensées qui ont conduit à de telles tragédies". A la fin de l'ouvrage, l'éditeur appelle même le lecteur à le lire "avec distance et objectivité, de manière critique", "en ayant à l'esprit les drames survenus et la notion des droits de l'homme".

Cela dit, la parution de ce manga a été accueillie dans une relative indifférence au Japon. Ce qui ne saurait surprendre. La version en texte est déjà disponible en librairie. Mais les Japonais connaissent mal, voire pas du tout, les événements de cette période.

L'enseignement de l'histoire dans les écoles reste en effet pour le moins discret sur les années 1930-1940. Dans les classes, on prend bien soin d'arrêter les leçons au début du XXème siècle, avant que le Japon impérial ne devienne l'allié de l'Allemagne nazie.

De ce fait, au Japon, comme dans d'autres pays d'Asie (*), Mein Kampf ne soulève pas la même polémique qu'en France ou aux Etats-Unis. Mal connu, Hitler est même parfois perçu comme un conquérant, une sorte de Napoléon... 

De plus, le Japon n'a pas de législation contre les discriminations ou les actes racistes. Il existe toute une littérature (livres magasines) qui véhicule des idées révisionnistes ou des clichés sur les immigrés, des Coréens aux Chinois, en passant par les Pakistanais voire les Occidentaux. L'antisémitisme n'en est pas exclu.


(*) Par exemple : Il existe un restaurant "la Croix d'Hitler" à Mumbai (Inde), un autre à l'enseigne "Hitler Techno Bar"  à Busan (Corée du Sud), un "Coréen Bar Hitler" à Daejong (Corée du Sud), un restaurant de tempura japonais avec une mascotte "Hitler-ish", on trouve également sur les étagères de magasins japonais, un costume permettant de se déguiser en Hitler...


Bientôt une réédition de Mein Kampf ?



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 8 septembre 2009


Ce soir, sur France 2, à 20 heures 35... les deux premiers épisodes de la série  "Apocalypse".

En six épisodes de 52 minutes, Apocalypse raconte la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de ceux qui l'ont vécue : autant les soldats sur les champs de bataille ou les civils en fuite que les grands chefs.

Stratégie militaire et témoignages du quotidien se mêlent dans cette série documentaire exceptionnelle, constituée exclusivement d'images d'archives et construite comme une grande fresque cinématographique.

50% d'images inédites en couleur et en haute définition, un son entièrement retravaillé en 5.1 et la voix de Mathieu Kassovitz : Apocalypse est une plongée vertigineuse au coeur du plus dévastateur des conflits mondiaux.

Un choc sans précédent, pour que les générations, toutes les générations, se souviennent de l'apocalypse.

Cette fresque, de Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne, Isabelle Clarke et Daniel Costelle, sera diffusée dans plus de 150 pays. Les différents événements ont été reconstitués grâce à des images d'archives colorisées souvent inédites, à l'exception des scènes les plus violentes de la Shoah. "Pour ne pas donner de grain à moudre aux négationnistes", précise Daniel Costelle.

A ne pas manquer !


Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 25 août 2009


Le 24 août 1944, en fin d'après-midi, les éléments de tête de la 2ème Division blindée (1) piétinent sur la nationale 20 à Anthony au sud de la capitale. Ils se sont heurtés à de solides bouchons allemands installés au carrefour de la Croix de Berny, à la prison de Fresnes et à Bourg la Reine.

Le général Leclerc interpelle le capitaine Dronne (2), commandant la 9ème Compagnie "la nueve" du 3ème Régiment de Marche du Tchad, et lui donne l'ordre de foncer sur l'Hôtel de Ville en empruntant des itinéraires détournés. Dronne prend trois de ses sections, ainsi que la section du lieutenant Michard de la 2ème Compagnie du 501ème RCC (trois chars, "Montmirail", "Romilly" et "Champaubert"), et la 2ème section de la 3ème Compagnie du 13ème Bataillon de Génie.

Accompagné par Georges Chevallier, un habitant d'Anthony qui dit bien connaître la banlieue parisienne, ces 150 hommes se faufilent par l'Hay les Roses, Cachan, Arcueil, Porte d'Italie... Rue de la Vistule, rue Baudricourt, rue Nationale, place Pinel, rue Esquirol, boulevard de l'Hôpital, quai de la Rapée, quai Henri IV, quai des Célestins, quai de l'Hôtel de Ville... le gros bourdon de Notre Dame couvre à peine la Marseillaise sur le parvis...

1) Organigramme de la 2ème DB lors de son entrée dans Paris.

- État-major, 97ème Compagnie de quartier général, escadron de protection ;

- Groupement tactique DIO constitué de : 5ème escadron du RMSM, 3ème escadron du RBFM, 13ème Bataillon de génie (2ème Compagnie), FTA, Marinette, GER XV (3ème escadron), 12ème Cuir, 1er RMT, 1/3ème RAC ;

- Groupement tactique Langlade constitué de :  2ème escadron du RMSM, 4ème escadron du RBFM, 13ème Bataillon de génie (1ère Compagnie), FTA, Quakers, GER XV (2ème escadron), 12ème RCA, 2ème RMT, 40ème RANA ;

- Groupement tactique Billote constitué de : 3ème escadron du RMSM, 2ème escadron RBFM, 13ème Bataillon de génie (3ème Compagnie), FTA, Rochambelles, GER XV (1er escadron), 501ème RCC, 3ème RMT, 64ème RADB.

2) Composition de la 9ème Compagnie du 3ème Régiment de Marche du Tchad (RMT) qui faisait partie du Groupement Billote.

- section de commandement : Aspirant Cascaye, alias Bacave, pied-noir d'Algérie. Adjudant François Neyret, sous-officier de la Coloniale. Sergent-chef Pierre Valéro, pied-noir d'Algérie. Sergent Pavloff.

- 2ème section de combat : Sous-lieutenant Elias, étudiant de l'École Nationale de France d'Outre Mer, sera grièvement blessé le lendemain (du 24 août 44). Sergent-chef Bernard Martin, alias Bernard Garces, matador à Saragosse, s'est réfugié en France à la fin de la Guerre d'Espagne et s'est engagé dans la Légion étrangère. Les sergents José Cortes, Llordens, Laffite, Callero, Solana et Marty.

- 3ème section de combat : Adjudant-chef Miguel Campos, anarchiste d'origine canarienne, réfugié à Oran après la Guerre d'Espagne, rejoint les Corps francs d'Afrique et participe à la campagne de Tunisie. Il sera porté disparu le 14 décembre 1944 au cours d'une patrouille en Alsace. Sergent-chef Johann Reiter, fils d'un officier de l'Armée impériale allemande exécuté par les nazis en 1934, il s'est engagé dans la Légion étrangère et a participé à la campagne du Maroc, ramené de force en Allemagne, il parvient à s'enfuir et s'enrôle dans les rangs des Républicains pendant la Guerre d'Espagne qu'il termine avec le grade de commandant, chef de brigade, réfugié à Oran il est emprisonné lors de la déclaration de guerre puis libéré lors du débarquement américain, il rejoint alors les Corps francs d'Afrique, puis la 2ème DB dans les rangs de laquelle il fera les campagnes de France, d'Allemagne et d'Indochine. Sergent Blanco. Sergent Morillas, qui sera tué le 12 septembre 1944 à Andelot, d'une rafale de mitrailleuse. Sergent Gimenez. Sergent Davis Ramon Etorit, fils d'un important industriel catalan, il sera tué le 14 octobre 1944 au cours d'une patrouille à Ménarmont.

L'adjoint du capitaine Dronne était le lieutenant Armado Granell, ancien officier espagnol, journaliste à la radio de Madrid, il mourra dans un accident de la route en 1958.

3) L'équipement.

La composition du matériel de la colonne qui entra dans Paris est la suivante :

- Trois chars Shermann M4 portant les noms de "Montmirail", "Romilly" et "Champaubert" appartenant à la 1ère section de combat de la 2ème Compagnie du 501ème RCC et placés sous les ordres du lieutenant Michard, ancien séminariste, qui sera mortellement blessé le 28 janvier 1945 à Grussenheim.

- Onze half tracks type M5 et M9 (blindé semi-chenillé) équipés d'une mitrailleuse de 12,7 avec un équipage de trois hommes, transportant dix hommes. Ces engins de la 9ème Compagnie du 3ème RMT portaient des noms évocateurs de la Guerre d'Espagne "Guadalajara", "Madrid", "Ebro", "Teruel", "Brunette", "Don Quijote"...

Epilogue...

Le 25, au matin, le Groupement Billote rentra dans Paris où il fit sa jonction, à 14 heures 30, au rond-point des Champs-Elysées, avec le Groupement Langlade. A 16 heures, le génral Von Choltitz, capturé à son QG de l'hôtel Meurice, signe l'ordre de capitulation qui fut contresigné par le général Leclerc (pour les FFL) et le colonel Rol-Tanguy (pour les FFI) (3).


(1) La Deuxième Division Blindée du général Leclerc a débarqué à Saint Martin de Vareville le 1er août 1944. Rattachée au XVème corps de la 3ème Armée américaine du général Patton, elle participe aux combats visant à fermer la poche de Falaise.

(2) Raymond Dronne (1908/1991) était Compagnon de la Libération. Commandant du premier détachement de la 2ème DB, il avait fait une carrière de haut-fonctionnaire dans les Colonies de 1934 à 1939 (Cameroun). Il rallie la France libre en août 1940. Il est capitaine de la 9ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad en 1944-45. Il termine la guerre avec le grade de chef de bataillon (commandant) et sera nommé colonel en 1947. Il sera par la suite, maire, sénateur puis député de la Sarthe. Sa jeep portait un fanion noir avec la devise "mort aux cons". Leclerc avait demandé à ce que ce fanion soit enlevé. Quelques temps après, le fanion étant toujours là, il avait lancé cette boutade : "Pourquoi voulez-vous tous les tuer ?". Le général de Gaulle a qui on avait rapporté le fait aurait répondu "Lourde tâche, Lourde tâche !". Ce fanion a été volé lors de la libération de Paris.

(3) Henri Rol-Tanguy (1908/2002), militant communiste, chef de la Résistance de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne et Oise) a été commissaire politique de la 14ème Brigade internationale en Espagne.



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 8 août 2009


Le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne s'est prononcé mercredi denier en faveur d'une réédition -annotée - du livre d'Adolf Hitler, Mein Kampf (Mon combat), actuellement interdit en Allemagne.

"Je pense qu'il est sensé et important de publier une édition du Mein Kampf d'Hitler avec des commentaires de chercheurs", affirme Stéphan Kramer à la télévision ZDF. "Nous avons besoin de préparer dès aujourd'hui une édition universitaire assortie de critiques historiques pour éviter que les néo-nazis n'en tirent profit" lorsque les droits sur le livre, interdit depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, tomberont dans le domaine public, c'est-à-dire en 2015, 70 ans après la mort de l'auteur.

Hitler avait rédigé Mein Kampf avant son arrivée au pouvoir et alors qu'il était en prison pour une tentative de coup d'Etat. C'est dans ce livre qu'il élabore les fondements idéologiques du nazisme. Les droits sur le livre sont actuellement détenus par l'Etat de Bavière.

En janvier, un éditeur britannique qui avait soulevé une polémique en republiant en Allemagne des fac-similés du journal nazi Vökischer Beobachter, associés à des commentaires d'historiens. Un procès intenté par la Bavière, là aussi propriétaire des droits, avait réussi à faire interdire la vente de numéros de ce journal datant d'après 1939.

Une réédition commentée évitera, peut être, de lire dans les journaux des inepties telles celles tenues par Bernie Ecclestone (voir ci-dessous).

Pour Bernie Ecclestone "Hitler était efficace"



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009


Hitler "était efficace", a estimé le patron de la Formule 1 Bernie Ecclestone dans une interview publié ce matin par le Times où il juge par ailleurs que la démocratie "n'a pas fait grand bien à beaucoup de pays".

"Je préfère les leaders forts", a expliqué le Britannique de 78 ans lors de commentaires sur les dictateurs, dont le leader de l'Allemagne nazie Adolf Hitler. "C'est terrible à dire je suppose, mais à part le fait qu'Hitler s'est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j'ignore s'il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d'être efficace". "A la fin il s'est perdu, donc il n'était pas un très bon dictateur", a relevé Bernie Ecclestone.

Bernie Ecclestone a par ailleurs estimé que son ami Max Mosley (*), le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) qui a été comparé à "un dictateur" pour sa gestion implacable, ferait un bon Premier ministre. "Tous ces gars, Gordon (Brown) et Tony (Blair), essayent de plaire à tout le monde tout le temps (...) Max ferait un super boulot, c'est un bon leader", a-t-il insisté.

"Si vous observez la démocratie, elle n'a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays, dont celui-ci (la Grande-Bretagne)", a par ailleurs estimé le leader de la F1.

Ces propos ont  immédiatement provoqué plusieurs réactions indignées. "Les commentaires de M. Ecclestone sur Hitler (...) et les dictatures sont assez bizarres", a commenté le porte-parole du Conseil des représentants des juifs britanniques, interrogé par le Times. Bernie Ecclestone dit" la politique ce n'est pas pour moi" et nous sommes plutôt d'accord, a-t-il ironisé.

Le député travailliste Denis MacShane a pour sa part estime que "si M. Ecclestone pense sérieusement qu'Hitler a dû être persuadé de tuer six millions de juifs, d'envahir tous ces pays européens et de bombarder Londres, alors il ne connaît pas l'Histoire et fait preuve d'une erreur de jugement complète".


Il n'a même pas l'excuse de l'âge. Ce vieux facho avait une dizaine d'années quand son icône mettait l'Europe à feu et à sang. Depuis, au lieu de nous polluer l'air avec ses courses de bagnoles, il aurait dû mettre à profit son temps libre pour  lire les nombreux ouvrages et études consacrés à son ami Hitler. Dans le même registre, je suppose qu'il doit juger que Franco, lui, a "été efficace" ?

La F1 serait-elle le refuge des nostalgiques de l'Allemagne nazie ??


(*) Max Mosley, président de la Fédération internationale de l'automobile, adepte de séances sado-masochistes ayant comme cadre un camp de concentration, est le fils d'Oswald Mosley, fondateur de la British Union of Fascits (BUF) et leader des "chemises noires" britanniques dans les années 30.



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 15 juin 2009


Au IIIè siècle avant notre ère, les hommes et les femmes éminents de la société celte, dans le nord-est de ce qui n'était pas encore la France, entraient dans l'autre monde allongés sur un char.

Des fouilles conduites par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) dans la vallée de l'Aisne en apportent une nouvelle illustration. Dans une nécropole communautaire d'une dizaine de sépultures, les archéologues ont dégagé deux "tombes à char" : entourés de céramiques brisées et d'os de cochon et de mouton, avec ne épée au côté, deux squelettes reposaient chacun sur un essieu, entre deux cerclages de fer entourant des roues de bois disparues.

"Il ne s'agissait pas de char d'apparat : il y a une pièce de réparation sur l'un deux", indique Sophie Desenne, responsable de la fouille. "Il faut imaginer le corps déposé comme sur un brancard, avec les récipients et les pièces de viande en dessous, explique-t-elle, le tout entouré d'un coffrage de bois et probablement recouvert d'une toiture, formant un petit tumulus qui s'est par la suite effondré".

Ce mode d'inhumation est fréquent dans cette région, où des centaines de tombes de ce type, parfois richement parées, ont déjà été décrites.




Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 12 mai 2009


Une équipe de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) vient de dégager au Mans, Quinconce des Jacobins, deux fosses renfermant les restes des victimes de la tuerie des 12 et 13 décembre 1793.

Sur prescription de l'Etat (Drac des Pays-de-la-Loire), ce sondage précède la construction d'un espace culturel par la ville du Mans.

La première fosse contient neuf ou dix individus, parfois tête bêche ; le dernier cadavre, sur le ventre, a été jeté sur les autres. Certains sujets possèdent encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif, chapelet...

De forme rectangulaire, la seconde fosse a été condamnée par une épaisse couche de chaux vive. Elle contient une vingtaine de corps, mais seuls neuf ont été fouillés. Leur disposition anarchique évoque un charnier creusé dans l'urgence, sans réel geste funéraire ni considération pour les défunts. Hormis un enfant et deux adolescents, les sujets inhumés sont tous des adultes. De nombreuses femmes sont présentes.

De nombreux corps portent les stigmates osseux de violences : fractures de fémurs et de radius, incisions nettes du pariétal, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée... Un seul impact d'arme à feu a été décelé ; en revanche l'usage d'armes blanches induit des combats rapprochés et des traumatismes multiples.

Retour en l'an 1793...

La virée de Galerne

Le 10 décembre 1793, l'armée catholique et royale s'empare du Mans. Les troupes républicaines reprennent la ville les 12 et 13 décembre. 20 à 30 000 soldats républicains affrontent 30 à 60 000 Vendéens dont 10 à 20 000 combattants. Le gros de l'armée vendéenne fuit la ville en direction de Laval à marche forcée. A la suite des combats, la répression envers les prisonniers et les fuyards, malades, blessés, vieillards, femmes et enfants va se dérouler au Mans et aux alentours de la ville. 2 à 5 000 Vendéens vont perdre la vie dans cette bataille, une centaine parmi les forces républicaines. Cette grande armée vendéenne se compose notamment d'Angevins, appuyés par quelques milliers de Chouans manceaux et bretons. Sans combattre, elle est déjà sujette à une forte mortalité liée à une épidémie de dysenterie accompagnée de fièvre putride : "la maladie brigantine".

La bataille du Mans est un épisode important de la première guerre de Vendée : "la virée de Galerne". La galerne désigne le vent du Nord-ouest et caractérise ici pour les vendéens les pays au Nord de la Loire. La virée de Galerne débute le 18 octobre 1793, au lendemain de la défaite de Cholet. Elle s'achève par l'anéantissement de l'armée catholique et royale dirigée par Henri de la Rochejacquelin, généralissime de 21 ans, à Savenay, le 23 décembre 1793, par les troupes de Kléber.

C'est un important épisode de la Révolution qui est éclairé par cette découverte archéologique majeure. Les corps retrouvés dans les charniers du Mans appartiennent probablement à l'armée catholique et royale, mais on ne peut exclure la présence de combattants républicains. L'analyse des éléments de vêtements permettra peut-être d'en identifier l'origine.



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 27 avril 2009


La Creuse se souvient...

Le 24 avril 1937 disparaissait le Docteur Eugène Jamot. Vendredi dernier, 72 ans après, un nouvel hommage lui a été rendu dans son village natal de Saint-Sulpice-les-Champs, à l'occasion de l'inauguration d'un nouvel espace muséographique à sa mémoire.

Qui était-il ?

Eugène Jamot, né en 1879 à La Borie, un hameau de la commune de Saint-Sulpice-les-Champs, scolarisé dans le secondaire à Aubusson (Creuse), il est bachelier à Clermont-Ferrand. Il obtient sa licence ès-Sciences Naturelles à la faculté des Sciences de Poitiers en juillet 1900. A la faculté de Médecine de Montpellier, il soutient sa Thèse de Doctorat en Médecine en juin 1908. Son doctorat en poche, il s'installe à Sardent (Creuse) comme médecin généraliste. En 1910, il passe le concours d'entrée à l'École d'application du service de santé des troupes coloniales à Marseille.

De 1916 à 1931, il se consacre à la lutte contre la trypanosomiase humaine (plus connue sous le nom de maladie du sommeil), maladie parasitaire due à un protozoaire transmis de l'animal à l'homme par la piqûre d'une mouche (la mouche tsé-tsé, d'origine  africaine, du genre glossine). A cette époque, seuls quelques médicaments étaient efficaces. Il s'agissait de dérivés de l'arsenic.

La poussée épidémique de 1920 fut efficacement combattue au Cameroun et au Burkina-Faso par Eugène Jamot et ses équipes composées de 18 médecins, 400 infirmiers et 40 assistants sanitaires. Les équipes mobiles quadrillent les coins les plus reculés du Cameroun et prospectent systématiquement le pays. En cinq ans de travail acharné, la Maladie du Sommeil est vaincue au Cameroun. Les résultats sont spectaculaires. Le 25 juin 1930, Jamot est promu Médecin Lieutenant-colonel.

En 1931, lors de l'exposition coloniale de Vincennes, l'oeuvre de Jamot et de ses équipes est saluée. Le président de la République Alexandre Millerand, désigne Jamot comme "bienfaiteur de l'Humanité". Jours de gloire et de bataille pour Jamot. C'est aussi l'épilogue du drame de Bafia. Un collaborateur de Jamot avait en 1928 prescrit, contrairement à ses directives et sans l'en informer, des doses excessives de tryparsamide entraînant des troubles oculaires sérieux chez 700 malades. Jamot refuse d'accabler son jeune confrère et ne se rend pas au Conseil d'enquête qui devait juger ce cette grave affaire.

Le 22 novembre 1931, Jamot, sur le chemin du retour au Cameroun est débarqué à Dakar et se voit notifier un blâme officiel et l'annulation de sa mission.

Meurtri par l'affaire de Bafia, las de lutter contre ceux qu'il appelle "les cloportes", technocrates de l'administration coloniale, Jamot écrit, le 24 décembre 1935, sa lettre de demande de mise à la retraite.

En février 1936, Eugène Jamot retourne en Creuse où il est accueilli par son fils médecin lui aussi. Il redevient médecin de campagne à Sardent dans le cabinet médical qu'il avait quitté 25 ans auparavant. Il décède le 24 avril 1937, à Sardent, d'un accident vasculaire cérébral.

Un monument à sa gloire a été édifié à Yaoundé (Cameroun). Un lycée porte son nom à Aubusson (Creuse).



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 5 mars 2009


C'est une longue rue paisible en plein coeur du 16ème arrondissement de Paris. Pourtant, i l y a soixante ans, cette rue était synonyme de barbarie et de trafics en tout genre. Un passé qui embarrasse. En effet, lors du conseil d'arrondissement du lundi 2 mars 2009, les élus du XVIème ont adopté un voeu visant à débaptiser le 93, rue Lauriston, en "91 bis", afin "de ne pas faire peser sur les actuels et futurs domiciliés le poids de ce passé monstrueux", peut-on lire dans le délibéré de séance. L'adoption de ce voeu controversé n'a pas fait l'unanimité.

Le seul fait de changer la numérotation suffira-t-il à effacer de la mémoire collective les événements qui se sont déroulés en ce lieu ? L'histoire peut-elle l'accepter ?

Retour en arrière...

Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. Le haut commandement militaire pour la France occupée détient tous les pouvoirs.

La Convention d'armistice, signée le 22 juin 1940, prévoyait, dans son article 18, que les frais d'occupation, l'entretien des troupes allemandes, serait à la charge de la France. Ces frais s'élevaient à 400 millions de franc par jour. Après l'invasion de la zone sud, le 11 novembre 1942, la contribution française est portée à 500 millions de francs.

Dans le Paris occupé, l'Abwehr, service d'espionnage et de contre-espionnage allemand, sous les ordres du colonel Friedrich Rudolph, s'installe à l'hôtel Lutétia. L'un de ses membres, Hermann Brandl, plus connu sous le nom d'Otto, ingénieur dans le civil, est chargé de la directions des Bureaux des achats.

Ces Bureaux des achats sont chargés de gérer la contribution financière de la France. Constatant que beaucoup de marchandises échappaient aux réquisitions, ils recrutent des hommes de main chargés de retrouver les stocks de marchandises dissimulées. Compte tenu de la politique menée envers les juifs, les biens mobiliers et immobiliers de ces derniers formeront une part non négligeable des biens recherchés.

L'un des premiers à être recruté fut le truand Henri Chamberlin dit "Henri Normand" ou "Henri Lafont", neuf fois condamné entre 1924 et 1934. Henri Lafont va constituer son équipe en allant dans un monde qu'il connaît bien, celui des voyous, des truands et des proxénètes. Le groupe compte alors une vingtaine de condamnés de droit commun. L'Abwehr lui confie la direction du bureau des achats qui s'installe avenue Pierre 1er de Serbie puis, au 93, rue Lauriston et prend le nom de "la Carlingue". Des industriels sont sollicités et ne répugnent pas à verser l'ensemble de leur production à l'occupant, moyennant arrangements et bénéfices. Rue Lauriston, on rend "service", on mène la grande vie. On vend de tout, des métaux, des bas de soie, du fois gras, des victuailles, des meubles, des bijoux, des tableaux...

Une autre des missions sera l'espionnage pour le compte des Allemands et la chasse aux résistants. Le 93, rue Lauriston devient une annexe de la Gestapo où l'on torture et tue de nombreux résistants. On y pratique le supplice de la baignoire, le limage des dents, l'arrachage des ongles... La bande élimine le réseau "Défense de la France". Cette "activité" sera codirigée avec l'ex-inspecteur Pierre Bonny.

Pierre Bonny, fils d'agriculteur, commence sa carrière de policier en 1918. Il mène l'enquête sur le crime dont est accusé Guillaume Seznec, négociant en bois à Morlaix, soupçonné d'avoir tué Pierre Quemeneur. C'est lui qui retrouve "soudainement" la machine à écrire, principale pièce à conviction. Quelques années plus tard, il se trouve mêlé à une autre célèbre affaire, l'affaire Stavisky. Il est chargé de mener l'enquête sur Alexandre Stavisky, escroc de charme, retrouvé mort en janvier 1934. Ses méthodes lui valent d'être suspendu, là encore, il retrouve une pièce à conviction. Nommé "Premier flic de France", il a été par la suite condamné pour concussion et violation du secret professionnel et révoqué en 1935. Il se reconvertit comme détective privé avant de rejoindre la rue Lauriston.

Henri Lafont reçu la nationalité allemande et le grade d'Hauptsturmführer (capitaine chez les SS), il créa la sinistre Légion africaine avec l'aide du nationaliste algérien Mohamed el-Maadi (ancien officier français membre de la Cagoule, mouvement d'extrême droite). Elle est placée hiérarchiquement sous les ordres du colonel SS Helmut Knochen, numéro 2 de la police allemande en France. Une vingtaine de sous-officiers et officiers (dont Bonny avec le grade d'Obersturmführer, lieutenant chez les SS), en uniforme allemand, encadraient des hommes de troupe nord-africains habillés en costume de ski bleu marine. Les armes étaient fournies par les Allemands, l'argent par les SS et l'équipement par Joanovici. Forte de 300 membres, elle quitte Paris le 11 mars 1944 et fut divisée en cinq sections, une dirigée vers Montbéliard, une autre sur Périgueux et les trois autres sur Tulle sous le commandement de Lafont. Elle sévit contre les maquis du Limousin et plus particulièrement en Corrèze mais également en Franche Comté. La Légion africaine est dissoute en juillet 1944. L'un des sous-officiers français était Raymond Monange.

Raymond Monange, ancien proxénète et ancien des Bats-d'Af (Bataillons d'Infanterie Légère d'Afrique, qu'il fréquenta en 1931), fait son entrée dans la bande à Lafont et participe, comme cadre, à la création de cette Brigade nord-africaine. Impuni à la fin de la guerre, il reprend ses "petites affaires" et fit quelques coups de main avec la bande à Pierre Loutrel alias "Pierrot le Fou". Il y retrouvera ses anciens amis des Bats-d'Af, Abel Danos et Jo Attia entre-autres. Cette bande est plus connue sous le nom de "Gang des Tractions Avant". Arrêté par hasard, sous une fausse identité, il est reconnu et inculpé d'intelligence avec l'ennemi. Condamné à mort, il est fusillé au fort de Montrouge, le 13 mars 1952, en même temps qu'Abel Danos.

Dénoncé par Joseph Joanovici, Lafont et Bonny qui avaient trouvés refuge dans une ferme de Seine-et-Marne avec pour objectif de rejoindre l'Espagne, sont condamnés à mort et exécutés le 27 novembre 1944 en compagnie de six autres membres de la bande.

Joseph Joanovici, est un ferrailleur français d'origine juive roumaine. Installé à Clichy, il est connu alors sous le nom de "Monsieur Joseph". Il est fournisseur de métaux pour les Nazis mais également, à partir de la fin 1944, pourvoyeur pour la Résistance, notamment du réseau "Honneur de la police", et aussi possible agent du Komintern soviétique pendant l'occupation. Ses activités le rendront milliardaire. Condamné en 1949 pour collaboration à 5 ans de prison, il meurt ruiné le 7 février 1965. A cause de son passé de collaborateur nazi, il sera expulsé d'Israël. Il est l'un des trois seuls juifs à qui Israël refusa d'appliquer la loi du retour.

Le gang des Tractions Avant, dont il est question plus haut est, finalement, l'aboutissement de cette sinistre aventure. Ce gang de malfaiteurs de Pigalle se forme après-guerre, en 1945. Il est composé de survivants de la Carlingue, de policiers véreux et de résistants douteux. Ces hommes passèrent ainsi de la collaboration à la Résistance puis au grand banditisme, se spécialisant en braquages violents menés à bords de puissantes Citroën 15/six. On y retrouve Pierre Loutrel dit "Pierrot le Fou" (tueur de la Gestapo), Émile Buisson "Mimile" (arrêté par l'inspecteur de police Roger Borniche et guillotiné en 1956), René Girier dit "René la Canne", Abel Danos alias "le Mammouth" (homme de main de la rue Lauriston), Georges Boucheseiche (ancien agent de la Gestapo, sera mêlé à l'affaire Ben Barka), Jo Attia "le Grand Jo" (ancien des Bats-d'Af, déporté à Mauthausen après avoir été torturé dans les locaux de la rue Lauriston, également impliqué dans l'affaire Ben Barka), Henri Feufeu dit "Riton le tatoué" et Raymlond Naudy "le Toulousain". Ce gang sera démantelé en 1949.





La Brigade nord-africaine de Lafont à Tulle (Corrèze) en 1944

Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 5 février 2009


Encore inutilisé sur le terrain, le Cristal-Rouge, emblème subsidiaire à la Croix et au Croissant-Rouge, a été adopté mardi dernier par la Commission des Affaires Étrangères de l'Assemblée Nationale.

Après le Sénat en juillet 2008, la Commission des Affaires Étrangères de l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité le projet de loi autorisant la ratification du protocole additionnel aux conventions de Genève qui établit le Cristal-Rouge comme troisième emblème de la Croix-Rouge. Le texte sera soumis pour ratification à l'ensemble des députés dans les semaines à venir. Si 88 États ont signé ce protocole, 52 pays dont la France doivent encore le ratifier.

C'est le dénouement d'un long débat (1). Durant l'entre deux guerres, de nombreux pays ont demandé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de créer leur propre emblème pour leurs sociétés nationales de secours, à l'image du Soudan qui avait proposé un rhinocéros rouge sur fond blanc. Ces pays refusaient d'adopter la Croix ou le Croissant trop connotés religieusement (2). Craignant qu'une multiplication d'emblèmes n'entraîne une confusion sur le champ de bataille, le CICR a rejeté leurs demandes, la question est revenue sur le devant de la scène à la naissance d'Israël. L'état hébreu adopté unilatéralement le bouclier de David. Le CICR n'a pas voulu reconnaître cet emblème de peur de relancer le débat des années folles.

Il a donc travaillé pendant 60 ans sur l'élaboration d'un troisième emblème géométrique simple qui ne rappellerait aucun héritage religieux ou culturel et serait facile à réaliser et à reconnaître dans l'urgence des combats. Cela a abouti à la création de cette nouvelle héraldique : un losange rouge évidé sur fond blanc. Cet emblème est officiel depuis janvier 2007, date à laquelle le protocole additionnel instaurant le Cristal a été proposé à la signature des pays qui ont reconnu les Conventions de Genève. Jusqu'à présent, 88 pays l'ont paraphé et les ratifications sont en cours.

Ce symbole n'a pas encore été utilisé sur un terrain de conflit armé. La majorité des États ont choisi depuis des décennies entre la Croix et le Croissant. En 2005, seuls trois pays ne revendiquaient aucun de ces symboles : Israël, l'Erythrée et le Kazakhstan.

Le Cristal-Rouge n'est pas appelé à remplacer ces deux symboles, c'est un emblème subsidiaire qui vient enrichir un vide du droit humanitaire.

La Croix, le Croissant ou le Cristal sont sur un même pied d'égalité et ont la même vocation : protéger le droit des gens en temps de guerre.

Ils sont apposés là où il y a des civils et des blessés : ambulance, hôpitaux ou personnels médicaux. Ces emblèmes sont destinés à créer des sanctuaires d'humanité sur le champ de bataille, plaçant les victimes qui y sont traités et leurs sauveteurs "en dehors du conflit". Lorsqu'un soldat est blessé, il n'appartient plus à l'un des deux camps, il ne présente plus de danger, il appartient à l'humanité.



(1) La Croix-Rouge a été fondée en 1863 par Henry Dunant (né à Genève, Suisse, le 8 mai 1828 et décédé le 30 octobre 1910). Le Croissant-Rouge a été créé unilatéralement par les Turcs de l'Empire ottoman en 1876. Alors en conflit avec les Russes, les soldats ottomans avaient manifesté le désir de ne pas mourir dans un lieu marqué du symbole de la Croix. Le Croissant a été reconnu par le CICR en 1929.

(2) En 1863, quatre ans après la bataille de Solférino et un an après la publication du livre d'Henry Dunant "Un Souvenir de Solférino", un Comité privé, dont faisait partie Henry Dunant lui-même, organisa, à Genève, un congrès auquel participèrent des représentants de 16 pays. Ce congrès recommanda la création de Sociétés nationales de secours et demanda aux gouvernements d'accorder protection et appui aux dites sociétés. En 1864, le Conseil fédéral réunit une Conférence diplomatique, à Genève, à laquelle prirent part des délégués plénipotentiaires de 16 pays ; cette conférence mit au point la "Convention de Genève pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne". Elle est signée le 22 août de la même année et ratifiée au cours de l'année suivante par la quasi-totalité des États. On choisit comme emblème garantissant la protection et l'aide ainsi conférées, le signe héraldique de la croix rouge sur fond blanc, emblème qui a été maintenu en hommage à la Suisse, dont il reprend, interverties, les couleurs nationales.



Par PAPOUNET
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés